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Module 2 — Plomberie · Gaz

Formation métier · BT Plomberie
DTU 60.11 · DTU 61.1 · Arrêté 02/08/1977 · Arrêté 30/11/2005
// Alimentation & ECS

L'eau : alimentation, pression, eau chaude

Diamètres d'alimentation, matériaux, pression et surtout la règle vitale de température eau chaude : l'équilibre entre légionelle et brûlure.

Alimentation en eau
1.1

Diamètres d'alimentation & matériaux

Le réseau d'alimentation amène l'eau sous pression à chaque point de puisage. Le sous-dimensionnement = perte de débit quand plusieurs robinets coulent.

Point d'eauØ intérieur indicatif
Lavabo / WC / petit point10/12 mm
Évier / douche / lave-linge12/13 mm
Baignoire14/16 mm
Alimentation générale logement16/20 mm+

Matériaux courants : cuivre (durable, brasure forte), PER (souple, raccords à sertir/glisser, idéal nourrice), multicouche (rigide-souple, le plus polyvalent aujourd'hui).

⚡ Montage en nourrice (pieuvre)

Une nourrice alimente chaque point indépendamment depuis un collecteur. Avantage : pression stable, pas de chute quand un 2ᵉ robinet s'ouvre, repérage facile. Argument confort à vendre en rénovation complète.

✕ Erreur fréquente

Réduire un diamètre puis le ré-augmenter (« col de cygne » de section). Crée des pertes de charge et des coups de bélier. Garder une section cohérente et décroissante vers les points.

Eau chaude sanitaire — la règle vitale
1.2

Température ECS : légionelle vs brûlure

C'est le point réglementaire le plus important de l'ECS. Deux risques opposés : trop froid = légionelle (bactérie mortelle), trop chaud = brûlure. L'arrêté du 30 novembre 2005 tranche.

25-45°C
Zone de prolifération de la légionelle. À éviter dans le stockage et la distribution.
≥ 50°C
Distribution. Température mini à maintenir en tout point du réseau si volume > 3 L entre production et puisage.
≥ 55°C
Sortie de production (en permanence).
60°C
Max points de puisage hors toilette (cuisine, buanderie). Destruction légionelle en ~1 h.
65-70°C
Choc thermique anti-légionelle : 1×/24h (2 min à 70°C, 4 min à 65°C).
50°C max
Points de puisage pièces de toilette (douche, baignoire, lavabo SDB). Limite anti-brûlure.
✕ La contradiction à comprendre

Il faut stocker chaud (≥ 55°C, anti-légionelle) MAIS livrer tiède (≤ 50°C en SDB, anti-brûlure). On ne baisse JAMAIS le ballon sous 50°C pour « éviter les brûlures » : on stocke chaud et on installe un mitigeur thermostatique.

⚠ Gravité des brûlures
  • À 50°C : brûlure en ~7 s, 3ᵉ degré en 100 s
  • À 60°C : 3ᵉ degré en 3 s (1-2 s pour un enfant)
€ Solution à vendre

Mitigeur thermostatique en sortie de production (régule) ou au plus près du point de puisage (limite à 50°C). Indispensable chez les familles avec enfants et personnes âgées. Poste systématique en rénovation SDB.

1.3

Ballon / chauffe-eau : sécurité & entretien

  • Groupe de sécurité obligatoire sur l'arrivée d'eau froide (évacue la dilatation). Évacuation Ø 20 mm si verticale > 1 m, sinon 25 mm.
  • Le groupe goutte normalement à la chauffe (3-4 % du volume) : prévoir un siphon d'évacuation.
  • Anode (magnésium ou ACI) protège la cuve de la corrosion — à contrôler.
  • Entartrage = perte de rendement + nid à légionelle. Détartrage périodique selon dureté de l'eau.
⚡ Réflexe

Un groupe de sécurité qui coule en continu (pas seulement à la chauffe) = pression trop élevée → poser un réducteur de pression (3 bar), ou groupe HS à changer.

// DTU 60.11

Évacuations : diamètres, pentes, ventilation

Le point où se concentrent bouchons, odeurs et glouglous. Trois règles font tout : bon diamètre, bonne pente, bonne ventilation.

Diamètres par appareil
2.1

Diamètres minimaux d'évacuation

Le DTU 60.11 fixe un diamètre nominal (DN) minimum par appareil. Attention : en PVC le DN = diamètre extérieur.

AppareilØ évacuation
Lavabo / lave-mains / bidet32-40 mm
Évier / douche / urinoir40 mm
Lave-linge / lave-vaisselle40 mm
Baignoire33 mm (<1m) / 38-40 mm (>1m)
WC à chasse directe100 mm (80 int. mini)
✕ Erreurs classiques
  • Évacuer un WC en Ø < 100 mm → bouchons garantis
  • Raccorder une douche sur du Ø 32 → écoulement lent, débordement
  • Réduire un diamètre dans le sens de l'écoulement
Pente & écoulement
2.2

La pente : ni trop, ni trop peu

L'écoulement est gravitaire : sans pente correcte, l'eau stagne (odeurs, dépôts) ou file trop vite en laissant les matières (bouchons).

Mini 1 cm/m (1 %) Idéal 1 à 3 cm/m Ø100 WC : 2 %
  • Pente mini 1 cm/m pour les collecteurs d'eaux usées (DTU 60.11).
  • Trop forte (> 4-5 cm/m) : l'eau part vite, les matières restent → bouchon.
  • Vérification au niveau à bulle ou niveau à eau.
⚡ Méthode 2024 du DTU

Le dimensionnement des colonnes de chute ne dépend plus du nombre d'appareils mais du débit admissible (méthode NF EN 12056-3). En maison individuelle, les diamètres mini par appareil restent la base pratique.

Siphons & ventilation
2.3

Siphons, ventilation & désamorçage

Chaque appareil a un siphon : une garde d'eau qui bloque les odeurs d'égout. Le problème = quand cette garde se vide (désamorçage).

  • Garde d'eau : 50 mm mini, c'est le bouchon liquide anti-odeurs.
  • Ventilation primaire : la colonne de chute se prolonge en toiture (chapeau de ventilation) pour équilibrer les pressions.
  • Sans ventilation, l'écoulement d'un WC crée une dépression qui aspire la garde d'eau des autres siphons → odeurs + glouglou.
✕ Cause n°1 des odeurs d'égout

Colonne non ventilée en toiture, ou siphon asséché (pièce peu utilisée). Diagnostic : ça « glougloute » quand on tire la chasse → problème de ventilation, pas de bouchon.

⚡ Solution sans percer la toiture

Clapet équilibreur de pression (aérateur à membrane) en haut de colonne, posé en combles. Laisse entrer l'air mais pas sortir les odeurs. Utile en rénovation quand on ne peut pas sortir en toiture.

// Sanitaires

WC, douche, salle de bain — tout savoir

Du WC suspendu au receveur extra-plat : pose, raccordements, étanchéité et les pièges qui font revenir en SAV.

Les WC
3.1

WC suspendu : bâti-support & raccordement

Le WC suspendu repose sur un bâti-support (châssis métallique) fixé au sol et au mur, avec réservoir encastré. Le confort et le nettoyage sont les arguments de vente.

  • Bâti-support : fixé au sol (charge) et au mur (stabilité). Réservoir Geberit/Grohe encastré.
  • Raccordement évacuation : pipe Ø 90/100 mm, manchon souple ou pipe courte.
  • Hauteur cuvette : ~40-45 cm finie (modulable selon bâti) — argument PMR si surélevé.
  • Habillage : plaque de plâtre hydro + carrelage ou panneau.
✕ Erreurs qui font revenir en SAV
  • Bâti mal fixé / cheville inadaptée → cuvette qui bouge
  • Pipe d'évacuation pincée ou contre-pente → mauvais écoulement
  • Étanchéité oubliée entre cuvette et habillage → infiltration
  • Pas d'accès à la plaque de chasse pour maintenance
€ Montée en gamme

WC suspendu + bâti = +confort, +hygiène (sol dégagé), aspect moderne. Sur une réno SDB, c'est le poste qui « fait le saut de gamme » visible. Option lavante (WC japonais) pour le haut de gamme.

3.2

WC broyeur : quand et où

Le broyeur permet d'évacuer en petit diamètre (Ø 32-40) et de refouler là où la gravité ne suffit pas (sous-sol, loin de la chute).

⚠ Cadre réglementaire

Le broyeur est une solution de complément, pas la règle. Il est interdit comme unique WC d'un logement neuf et déconseillé en pièce de vie. Toujours privilégier l'évacuation gravitaire Ø 100 quand c'est possible.

✕ Pièges
  • Refoulement sur trop grande hauteur/distance → pannes
  • Lingettes / produits non broyables → casse moteur
  • Bruit = à anticiper côté confort
Douche & receveur
3.3

Receveur extra-plat & douche italienne

  • Receveur extra-plat : pose sur sol de niveau, siphon extra-plat (débit suffisant : ≥ 0,4 L/s).
  • Douche italienne (à carreler) : pente intégrée vers la bonde + natte/SPEC d'étanchéité sous carrelage OBLIGATOIRE.
  • Joint silicone sanitaire (anti-moisissure) sur tout le périmètre.
✕ La faute qui coûte cher

Douche italienne sans système d'étanchéité sous carrelage (SPEC/natte). Le carrelage et les joints ne sont PAS étanches : l'eau passe, et la dalle/le plancher en dessous pourrit. Sinistre garanti. Toujours étanchéité + relevés en périphérie.

⚠ Lien humidité (vu en SAV)

Joints noirs = souvent symptôme : VMC insuffisante + absence de paroi + siphon/garde d'eau. Traiter la cause (ventilation), pas que le joint, sinon ça revient (cf. Module clim/VMC).

// DTU 61.1 — danger

Gaz : zéro approximation

Le domaine le plus réglementé et le plus dangereux. Une erreur = fuite, explosion, refus Qualigaz, responsabilité engagée. Les règles à connaître par cœur.

La règle absolue
4.1

Brasure tendre INTERDITE & raccords autorisés

✕ Règle vitale

La brasure tendre (soudure à l'étain, < 450°C) est strictement interdite sur le gaz. Bases : DTU 61.1 + arrêté du 2 août 1977. Les robinets d'essais et la brasure tendre sont interdits avant pénétration dans le logement.

Ce qui est autorisé :

  • Brasage fort (> 450°C, métal d'apport cuivre-phosphore ou argent).
  • Raccords à compression homologués gaz.
  • Robinetterie / raccords laiton filetés conformes.
  • Coudes & raccords cuivre NF gaz pour brasage fort.
⚠ Leçon de diagnostic (cas réel)

Ne pas conclure à une non-conformité sur une simple photo. Un coude cuivre NF gaz pour brasage fort peut être confondu avec une emboîture pour brasure tendre. Identifier physiquement le raccord AVANT de juger — sinon on condamne à tort une installation conforme et on perd en crédibilité.

Robinet, flexible & coupure
4.2

ROAI & flexibles : ce qui est interdit depuis 2019

  • ROAI (Robinet à Obturation Automatique Intégrée) : devant chaque appareil avec flexible. Coupe le gaz si le flexible se débranche.
  • Tubes souples caoutchouc interdits pour le gaz de ville depuis le 1ᵉʳ juillet 2019.
  • Aujourd'hui : flexible à embout mécanique inox (vissé), durée de vie longue (souvent illimitée si inox), ou flexible daté à remplacer avant péremption.
  • Robinet de coupure aisément accessible (pas en fond de meuble inaccessible).
✕ Anomalies signalées au diagnostic gaz
  • Ancien robinet « à tétine » sans sécurité
  • Flexible caoutchouc périmé ou craquelé
  • Robinet inaccessible derrière la cuisinière
€ Levier vente/immo

Le diagnostic gaz est obligatoire à la vente d'un logement > 15 ans. Absence de ROAI, vieux flexibles = anomalies. Mise en conformité = chantier rapide et rentable, et argument de négociation.

Ventilation & encastrement
4.3

Ventilation, fourreau & encastrement

  • Ventilation du local : un appareil à combustion a besoin d'air. Amenée d'air basse + évacuation haute obligatoires.
  • Encastrement mural autorisé sous conditions : fourreau continu ventilé aux 2 extrémités, accessible pour inspection.
  • Encastrement en dalle béton porteuse INTERDIT.
  • Traversée de faux-plafond/coffrage → ventilation haute et basse du volume.
  • Bouteilles butane/propane : local avec 2 aérations (une < 30 cm du sol, une > 1,80 m). Évolutions juillet 2024 sur stockage et distances.
⚠ Certification

Une installation non conforme au DTU peut entraîner un refus de certificat Qualigaz / Dekra / Copraudit. En cas de sinistre, l'assurance et l'expert vérifient la conformité : l'artisan non conforme est responsable.

// Synthèse terrain

Erreurs interdites & check-list visite

Le condensé des fautes graves plomberie/gaz et la grille de lecture pour une visite technique ou une expertise avant achat/rénovation.

Les fautes graves
5.1

À ne JAMAIS faire

✕ Brasure tendre sur gaz

Interdiction absolue. Brasage fort, compression ou laiton fileté uniquement.

✕ Douche italienne sans étanchéité sous carrelage

SPEC/natte obligatoire. Sinon pourrissement de la structure.

✕ Ballon ECS réglé < 50°C

Risque légionelle. Stocker chaud + mitigeur thermostatique.

✕ WC en Ø < 100 / contre-pente

Bouchons et débordements assurés.

✕ Flexible gaz caoutchouc / sans ROAI

Interdit depuis 2019. Embout mécanique inox + ROAI.

✕ Colonne d'évacuation non ventilée

Désamorçage des siphons → odeurs d'égout.

Check-list visite technique
5.2

Grille de lecture rapide

  • Eau : pression OK ? réducteur si > 3 bar ? coups de bélier ?
  • ECS : température ballon ≥ 55°C ? mitigeur thermostatique présent ?
  • Groupe de sécurité raccordé à l'égout (siphon) ?
  • Évacuations : diamètres OK ? pente ? ça glougloute ?
  • Ventilation primaire en toiture / clapet ?
  • SDB : étanchéité douche, joints, paroi, VMC ?
  • Gaz : ROAI ? flexible inox/daté ? robinet accessible ? ventilation ?
  • Matériaux gaz : pas de brasure tendre visible ?
€ Du diagnostic au devis

Chaque « non » = une ligne de devis : mise en conformité gaz, pose mitigeur, reprise étanchéité, ventilation, remplacement WC. Sur un bien à rénover/revendre, c'est un levier de négociation à l'achat ET un chantier pour BT. Le diagnostic gaz/plomb te positionne en interlocuteur unique.

5.3

Diagnostics vente & TVA

  • Diagnostic gaz obligatoire à la vente si installation > 15 ans.
  • TVA 10 % sur travaux d'entretien/amélioration logement > 2 ans (art. 279-0 bis CGI).
  • TVA 5,5 % sur les travaux d'amélioration énergétique (ex. PAC).
  • TVA 20 % sur chaudière gaz condensation depuis mars 2025.
€ Circuit réno + revente

Un diagnostic qui révèle des anomalies plomberie/gaz = argument de baisse de prix pour l'acheteur, puis chantier de mise aux normes. Porte d'entrée naturelle de ton circuit immobilier.

⚠️ Document de formation interne à visée pédagogique. Les DTU et arrêtés cités sont des textes techniques évolutifs ; pour un cas précis ou une mise en service gaz, se référer au texte officiel et faire valider par un organisme agréé (Qualigaz/Dekra). Les recommandations « pro » dépassent volontairement les minimums.
FORMATION BT · MODULE 2/4
Plomberie · Gaz · Évacuations
Modules : 1 Électricité ✓ · 3 Clim+VMC · 4 Bâti/DPE